04 mars 2026 - 17:21:08
Focus sur… les acteur·ices de série
Grande nouveauté en cette année 2026: les séries font leur grande entrée dans le palmarès de la Cérémonie, via les nominations pour les meilleur·es acteur·ices de série! Ainsi les membres de l’Académie André Delvaux ont été invité·es à se prononcer sur les performances des comédien·nes de 7 séries représentant la vivacité de ce domaine, durant les trois dernières années. Voici les talents en lice pour cette grande première.
Côté comédiennes, on retrouve donc la chevronnée et très demandée Laura Sepul, pour laquelle on tremble dans Attraction, thriller psychologique sous haute tension imaginée par la reine belge du genre, Barbara Abel. Elle y incarne Agathe, mère et épouse parfaite dont la petite vie à première vue tranquille s’effrite quand un meurtre a lieu dans le sillage de son mari… Laura Sepul peut se targuer d’une filmographie solide en termes de séries, puisqu’on l'a vue dans la première saison d’Ennemi Public, mais aussi dans L’Opéra, Quartier des banques, Into the Night, et dans Baraki, autre série soumise au vote de l’Académie, où elle joue une toute autre partition, toute en exubérance.
Pauline Etienne a une longue histoire avec la Cérémonie, puisqu’elle y a remporté le Magritte du Meilleur espoir lors de la toute première édition pour Elève Libre, et celui de la Meilleure actrice en 2014 pour La Religieuse. Depuis lors, on l’a vue dans nombre de films et série, dont le cultisme Bureau des légendes, Into the Night, la série Netflix belge, ou encore Les Sentinelles, diffusée cet automne sur Canal Plus. Dans les saisons 2 et 3 d’Ennemi Public, elle interprète Jessica, la soeur disparue de Chloé Muller, retenue malgré elle et prête à tout pour retrouver sa liberté.
Myriem Akkhediou réalise l’exploit d’être nominée cette année à la fois dans la catégorie Meilleure actrice (pour On vous croit) et dans la catégorie Meilleure actrice de série, pour son rôle dans Pandore, créée par Anne Coesens, Savina Dellicour et Vania Leturcq. Elle y joue Krystel, conseillère en communication d’un homme politique pris dans la tourmente, où sa vivacité fait merveille, tout comme d’ailleurs dans Quiproquo, autre série en lice cette année, dont elle tient également le haut de l’affiche cette année.
Anne Coesens, enfin, est Claire, la juge emblématique de Pandore, qui se bat contre la corruption qui gangrène les milieux politiques et médiatiques, mais aussi contre ses propres contradictions, avec toute l’intensité et la subtilité qu’on lui connait depuis ses débuts dans Cages, ou ses performances dans Duelles, mais aussi Illégal (qui lui valut le Magritte de la Meilleure actrice en 2011) ou encore Tous les chats sont gris (qui lui valut celui de la Meilleure actrice dans un second rôle en 2016).
Chez les hommes, on retrouve deux comédiens aimés dans Ennemi Public, en particulier dans cette saison 3. Hommage d’abord au regretté Philippe Jeusette, disparu précocement en 2022. Très présent au théâtre, on a aussi pu l’apercevoir chez les frères Dardenne (dans L’Enfant ou La Fille Inconnue entre autres), ou dans une autre série de la RTBF, Coyotes. Mais c’est sûrement pour le rôle de Patrick Stassart, patriarche (un peu malgré lui) du village de Vielsart, bien décidé à protéger sa famille et ses proches, qu’il restera gravé dans la mémoire du public.
Face à lui, Angelo Bison incarne Béranger. Il en faut, de l’audace pour entrer dans le costume de l’ogre, l’assassin d’enfants fraichement libéré qui se tourne (ou pas?) vers la foi, provoquant l’ire des villageois forcés d’accueillir le meurtrier parmi eux. Un rôle complexe et en perpétuelle évolution, un personnage peu loquace mais au fort pouvoir d’influence, qui semble manipuler sans vergogne celles et ceux qui s’en approchent, dont on questionne tout autant l’ingénuité et que le machiavélisme. Une performance aussi intense que troublante.
On retrouve également dans cette catégorie un autre héros salué du renouveau des séries belges. Yoann Blanc, l’inoubliable inspecteur Peeters de La Trêve, qui explore une autre facette dans Pandore, la série politico-médiatique ultra-contemporaine d’Anne Coesens, Savina Dellicour et Vania Leturcq. Il y incarne Mark Van Dijck, politicien dont l’ascension promise est menacée par son implication dans un faits divers qu’il transforme sans vergogne pour se faire passer pour un héros. Ce mensonge va avoir des conséquences insoupçonnables, et le pousser vers le point de non-retour. Pour ne pas perdre la face, il devra faire bonne figure tout en affrontant ses propres démons.
Arcanes, série écrite par Benjamin Dessy et Michèle Jacob, et réalisée par cette dernière, met en scène une héritière qui lutte pour faire la lumière sur la mort de son fils, et se retrouve embarquée dans sa quête auprès de celui qu’elle avait pourtant soupçonné. C’est Michelangelo Marchese qui incarne D’Ambrosio, paria qui vit en retrait de la société, mais qui aussi en quête de vérité, et pourquoi pas, de justice. Très présent au théâtre, Michelangelo Marchese a également fait beaucoup de doublage. On l’a vu au cinéma notamment dans le psychédélique Laissez bronzer les cadavres de Cattet et Forzani, et à la télévision dans L’Agent Immobilier ou 1985, mais c’est vraiment Arcanes qui le révèle au grand public.
Enfin, Amine Hamidou, bien qu’il soit de loin le benjamin de la catégorie, n’en n’est pas le moins capé, puisqu’il s’agit déjà de sa troisième nomination à la Cérémonie, après celles obtenues pour Le Paradis en 2024 et Amal en 2025. Découvert dans Le Jeune Ahmed des frères Dardenne, il change radicalement de registre avec Quiproquo, où il compose avec Myriem Akheddiou un duo comique explosif, basé sur leurs différences, elle l’introvertie, lui le beau parleur, elle la psycho-rigide, lui le magouilleur. Il brille par sa tchatche, son énergie, et sa capacité à faire surgir l’émotion quand on ne s’y attend pas.