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10 mars 2024 - 00:03:06

« Dalva » triomphe à la 13e Cérémonie des Magritte du Cinéma

Dalva d’Emmanuelle Nicot a remporté 7 prix ce samedi 9 mars, dont celui du Meilleur film. Augure de Baloji décroche 5 statuettes saluant sa direction artistique. Côté interprétation Arieh Worthalter est le premier comédien à être primé à deux reprises lors de la même Cérémonie, tandis que Lubna Azabal décroche son 3e Magritte de la Meilleure actrice.
Cette 13e édition des Magritte du Cinéma était incontestablement placée sous le signe de Dalva, cette jeune fille dont le complexe mais lumineux chemin de reconstruction est au cœur du premier long métrage réalisé par Emmanuelle Nicot. Présenté en première mondiale à Cannes, à la Semaine de la Critique, le film y avait décroché trois prix. Ce samedi soir, il a remporté 7 des 9 catégories pour lesquelles il concourait, dont celles très disputées du Meilleur film et du Meilleur premier film, et pour couronner le travail précis et délicat d’Emmanuelle Nicot, ceux de la Meilleure réalisation et du Meilleur scénario. La très jeune interprète du film, Zelda Samson, stupéfiante de naturel, a également été saluée, recevant le prix du Meilleur espoir féminin. Le film a enfin valu le prix de la Meilleure actrice dans un second rôle à Sandrine Blancke, ainsi que celui du Meilleur son au quatuor formé par Fabrice Osinski, Valérie Le Docte, Aline Gavroy et Olivier Thys.

Dalva est produit par Julie Esparbes pour Hélicotronc, qui est décidément en train de se faire une place de choix dans l’histoire des Magritte du Cinéma. Après avoir remporté pas moins de 6 Magritte du Meilleur court métrage, Hélicotronc avait déjà fait belle figure en 2022 en remportant le prix du Meilleur film (et 7 prix au total) pour Une vie démente d’Ann Sirot et Raphaël Balboni. La société était d’ailleurs deux fois nominée dans cette catégorie cette année, pour Dalva et pour Le Syndrome des amours passées, le nouveau film d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, qui s’est vu remettre deux trophées, celui du Meilleur montage pour Sophie Vercruysse et Raphaël Balboni, et celui du Meilleur espoir masculin pour Lazare Gousseau, héros de cette comédie romantique revisitée.

Autre belle présence au palmarès, celle d’Augure de Baloji, dont la direction artistique notamment a été saluée par les membres de l’Académie André Delvaux. Le film a récolté 5 récompenses. Le cinéaste s’est ainsi vu primer pour la Meilleure musique originale, qu’il a composée, ainsi que pour les Meilleurs costumes, qu’il a imaginés en collaboration avec Elke Hoste. Sa cheffe décoratrice Ève Martin (déjà primée l’année dernière pour Close de Lukas Dhont) a décroché le prix des Meilleurs décors, son directeur de la photographie Joachim Philippe a remporté celui de la Meilleure image. Enfin, l’excellente Yves-Marina Gnahoua a reçu (ex-aequo avec Sandrine Blancke) le prix de la Meilleure actrice dans un second rôle.

Côté interprétation justement, Arieh Worthalter s’est doublement distingué en étant le premier interprète à se voir remettre deux prix en une seule soirée! Suite à son sacre aux César, le comédien belge s’est vu une nouvelle fois primer pour sa performance dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn, pour lequel il est nommé Meilleur acteur, tandis que sa prestation dans Rien à perdre de Delphine Deloget lui vaut le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle! Ce sont donc deux nouveaux Magritte du Cinéma d’un coup pour l’acteur qui avait déjà gagné deux prix du Meilleur second rôle masculin pour Girl de Lukas Dhont et Duelles d’Olivier Masset-Depasse.

Chez les actrices, l’incontournable Lubna Azabal rejoint Emilie Dequenne au rang des comédiennes trois fois auréolées par le Magritte de la Meilleure actrice pour son rôle dans Le Bleu du caftan de Maryam Touzani.

Les Magritte du Cinéma sont également l’occasion de célébrer l’avenir du cinéma belge, notamment à travers les courts métrages. Trois catégories étaient concernées. Les Silencieux de Basile Vuillemin (avec en tête d’affiche… Arieh Worthalter, décidément!) a décroché le prix du Meilleur court métrage de fiction; le prix du Meilleur court métrage documentaire est revenu à Natan Castay pour En attendant les robots; le prix du Meilleur court métrage d’animation enfin a été attribué à Pina de Giuseppe Accardo et Jérémy Depuydt. Notons que ce sont aussi deux nouvelles sociétés de production qui sont distinguées pour la première fois aux Magritte du Cinéma, Magellan Films et Next Days Films, et une école, l’Institut des Arts de diffusion (IAD).

Depuis leurs débuts, les Magritte du Cinéma contribuent à mettre en lumière tous les talents belges du cinéma, francophones comme néerlandophones. Le Magritte du Meilleur film flamand est revenu cette année à une habituée de la Cérémonie, qui participait néanmoins cette année pour la première fois comme réalisatrice. Déjà deux fois distinguée en tant que comédienne, Veerle Baetens a décroché le prix du Meilleur film flamand pour Débâcle, son adaptation du roman éponyme de Lize Spit, découverte à Sundance, produite par des habitués de la catégorie, Savage Film (dont c’est le troisième prix) et Versus production (dont c’est le cinquième prix).

De l’autre côté de la frontière, c’est Vincent doit mourir de Stephan Castang, représenté par son incroyable interprète Karim Leklou qui remporte le prix du Meilleur film étranger en coproduction, et c’est un premier prix en passant pour la société de production Gapbusters.

Last but not least, évidemment, le Magritte du Meilleur documentaire a été remis à Adieu sauvage, le très beau film de Sergio Guataquira Sarmiento, produit par Fox the Fox, dont c’est la première récompense.

Cette 13e édition des Magritte du Cinéma était présentée en direct du Théâtre National Wallonie-Bruxelles par Patrick Ridremont. La Présidence de cette soirée d’exception était confiée à l’incomparable Bouli Lanners. Le Magritte d’Honneur a cet année été remis à la comédienne française Aurore Clément.

Retrouvez les films lauréats lors de la Tournée des Magritte du Cinéma, qui aura lieu en mars et en avril dans les centres culturels et cinémas de proximité de Bruxelles et de Wallonie. Plus d’infos sur le site www.latourneedesmagritteducinema.be dès le 10 mars!

Le palmarès en détail

MAGRITTE DU MEILLEUR FILM

Dalva d’Emmanuelle Nicot, produit par Julie Esparbes (Hélicotronc) 


MAGRITTE DU MEILLEUR PREMIER FILM 


Dalva d’Emmanuelle Nicot, produit par Julie Esparbes (Hélicotronc) 


MAGRITTE DE LA MEILLEURE RÉALISATION

Emmanuelle Nicot pour Dalva 


MAGRITTE DU MEILLEUR FILM FLAMAND 


Débâcle de Veerle Baetens, produit par Bart Van Langendonck (Savage Film) et coproduit par Jacques-Henri Bronckart (Versus production) 


MAGRITTE DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL OU ADAPTATION

Emmanuelle Nicot pour Dalva 


MAGRITTE DU MEILLEUR FILM ETRANGER EN COPRODUCTION 


Vincent doit mourir de Stephan Castang, coproduit par Jean-Yves Roubin et Joseph Rouschop (Gapbusters) 


MAGRITTE DE LA MEILLEURE ACTRICE

Lubna Azabal dans Le Bleu du Caftan

MAGRITTE DU MEILLEUR ACTEUR

Arieh Worthalter dans Le Procès Goldman

MAGRITTE DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE - ex-aequo

Yves-Marina Gnahoua dans Augure
Sandrine Blancke dans Dalva

MAGRITTE DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

Arieh Worthalter dans Rien à perdre


MAGRITTE DU MEILLEUR ESPOIR FÉMININ

Zelda Samson dans Dalva

MAGRITTE DU MEILLEUR ESPOIR MASCULIN 

Lazare Gousseau dans Le Syndrome des amours passées


MAGRITTE DE LA MEILLEURE IMAGE

Joachim Philippe pour Augure

MAGRITTE DU MEILLEUR SON

Fabrice Osinski, Valérie Le Docte, Aline Gavroy et Olivier Thys pour Dalva 


MAGRITTE DES MEILLEURS DÉCORS 

Eve Martin pour Augure 


MAGRITTE DES MEILLEURS COSTUMES

Elke Hoste et Baloji pour Augure

MAGRITTE DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE 

Baloji pour Augure

MAGRITTE DU MEILLEUR MONTAGE

Sophie Vercruysse et Raphaël Balboni pour Le Syndrome des amours passées

MAGRITTE DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE

Adieu sauvage de Sergio Guataquira Sarmiento, produit par Micha Wald, Alexandre Weiss, Gladys Brookfield-Hampson et Anne Fredon (Fox the Fox) 


MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE 

En attendant les robots de Natan Castay, produit par Bénédicte Lescalier (IAD - Médiadiffusion) 


MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DE FICTION 

Les Silencieux de Basile Vuillemin, produit par Samuel Feller (Magellan Films) 


MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE D’ANIMATION

Pina de Giuseppe Accardo et Jérémy Depuydt, produit par Maxime Feyers et François-Xavier Willems (Next Days Films)

MAGRITTE D’HONNEUR

Aurore Clément




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